De l’enfance à l’entreprise, les préjugés freinent l’égalité

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Les résultats de la dernière enquête Ipsos menée pour Elle Active démontre que la marche vers l’égalité entre hommes et femmes dans la sphère professionnelle est encore très longue. Alors que beaucoup jugent que cette question prend trop de place, le sondage montre que les stéréotypes qui sévissent depuis l’enfance ont des conséquences directes dans la gestion des carrières des femmes. Explications.

Développement des réseaux féminins, Journée de la femme, adoption d’une loi sur la parité dans les conseils d’administration… En fait-on trop autour de l’égalité hommes-femmes ? Certains le pensent, puisque, selon l’étude Ipsos / Elle Active* dévoilée aujourd’hui, 4 hommes sur 10 estiment qu’on en fait trop autour des inégalités entre les sexes… En pratique, beaucoup de personnes se détournent de ces problématiques : 39% (46% des hommes et 33% des femmes) estiment que le féminisme est un combat jugé dépassé et 30% jugent que ces inégalités ne sont plus vraiment un problème (37% des hommes et 23% des femmes).

Choisir entre sa vie perso et sa vie pro

Avant de se demander si on en fait trop, il faudrait avant tout chercher à peindre un décor réaliste de la situation. Et là, le sondage est inquiétant : 44 % des femmes estiment qu’il est impossible d’être une bonne mère sans remettre en cause sa carrière professionnelle. Chez les hommes, 37 % vont dans le même sens… Pire : pour 33 % des français (35% des femmes et 30 % des hommes), une femme ne peut pas à la fois réussir sa vie professionnelle, sa vie de mère et sa vie amoureuse ! Preuve supplémentaire de la persistance des clichés historiques autour de la femme-mère : 1/3 des sondés juge qu’une femme s’épanouira toujours davantage dans son rôle de mère que dans sa carrière professionnelle. Avec ce tableau de la situation, la question de savoir si on en fait trop perd soudain de son intérêt tant la réponse parait évidente…

Des stéréotypes qui persistent depuis l’enfance

Pourquoi les femmes doutent-elles autant de la difficile conciliation entre carrière et famille ? Une partie de la réponse se situe au niveau des stéréotypes qui, malgré la succession des générations, restent forts depuis le plus jeune âge. Là encore, l’étude Elle Active met en lumière les différences dans l’éducation. Les chiffres sont stupéfiants : seules 27% des femmes de 18-29 ans se sont vues inculquer par leurs parents le goût pour la compétition, contre 59% des hommes du même âge ! De même, 47% des filles ont été élevées avec des valeurs de dépassement de soi (contre 78% des hommes) et 64% avec des valeurs de confiance en soi (contre 80% des hommes). Inconscients ou non, ces clichés expliquent en grande partie que les femmes doutent davantage de leur réussite professionnelle que leurs homologues masculins …

Et dans le même temps, les garçons reproduisent les mêmes modèles plus tard, y compris dans leur couple. Résultat : en cas de promotion professionnelle qui modifie la charge de travail, seules 36 % des femmes pensent que leur conjoint pourrait assurer facilement l’essentiel des tâches ménagères. En revanche, 72 % des hommes pensent que leur compagne le ferait sans problème ! Sans surprise, la maternité représente toujours un frein professionnel pour les femmes. Au total, 27% d’entre elles ont déjà été amenées à mettre leur carrière entre parenthèses et 39% pensent qu’elles seront amenées à le faire au cours de leur vie. Plus inquiétant : 60 % des jeunes femmes de 18 à 29 ans ont déjà prévu de le faire !

Légitimité et faisabilité

Pour chaque sujet relatif à la gestion de carrière, les différences sont criantes : en cas de promotion de poste, 49% se demanderaient si elles en seraient capables (35% des hommes), 32% se poseraient la question de leur légitimité (23% des hommes). Et 30% se demanderaient si elles s’en sortiraient à la maison, alors qu’ils ne sont que 17% d’hommes à se poser cette question…

Enfin, dernier enseignement de l’étude : au travail, les femmes sont moins enclines à demander des moyens humains ou techniques supplémentaires (62% contre 66%), une augmentation de salaire (57% contre 63%) ou une promotion hiérarchique (47% contre 55%). En revanche, et cela rejoint la question de la gestion de la famille et de la maison : elles sont davantage en mesure de demander des aménagements dans l’organisation de leur travail (60% contre 53% pour les hommes).

Céline Oziel

*Enquête réalisée du 21 au 27 février 2014 auprès de 1000 personnes de 18 ans et plus.

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