Les femmes journalistes montent au créneau

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Pour lutter contre les inégalités hommes-femmes dans les médias, un collectif de journalistes vient de se créer. Baptisé « Prenons La Une », il propose des solutions concrètes pour gommer les écarts de salaires et rééquilibrer les prises de parole dans les médias.

Le moment est bien choisi: à l’occasion de la journée de la femme, un collectif de journalistes baptisé « Prenons La Une » a décidé de donner de la voix. A travers un manifeste, de nombreuses femmes de la profession tirent la sonnette d’alarme sur le manque de visibilité des femmes dans les médias.

« Dans les émissions de débat et les colonnes des journaux, les femmes ne représentent que 18 % des experts invités. Les autres femmes interviewées sont trop souvent présentées comme de simples témoins ou victimes, sans leur nom de famille ni leur profession », explique par exemple le document. Les militantes ajoutent : « Nous, femmes journalistes, ne supportons plus les clichés sexistes qui s’étalent sur les Unes (…) Ces stéréotypes sont à la fois la cause et le résultat des inégalités professionnelles, des propos et attitudes sexistes au sein des rédactions, mais aussi du manque de sensibilisation des journalistes à ces sujets. »

En substance, les journalistes rappellent que les femmes de la profession sont elles-aussi touchées par la précarité. La preuve en chiffres : 70 % des directeurs de rédaction sont des hommes, et les salaires des femmes journalistes sont inférieurs de 12 % en moyenne à ceux de leurs confrères. C’est là un point essentiel dans le traitement de l’information, selon les signataires, qui affirment que « ces inégalités se reflètent mécaniquement dans les contenus de l’information ».

Des engagements forts

Pour lutter contre les inégalités dans les médias, aussi bien dans les rédactions que dans le traitement de l’information, le collectif Prenons La Une prends deux engagements : Pointer au quotidien les propos et stéréotypes sexistes dans les médias, et dénoncer les inégalités tant qu’elles seront encore présentes.

Surtout, le collectif appelle la totalité des journalistes à :

  • Veiller dans leur travail quotidien à une juste représentation de la société.
  • Constituer et diffuser dans leur rédaction une base de données d’expertes pour diversifier les sources et les rendre paritaires.
  • Imposer aux dirigeants d’appliquer la législation sur l’égalité professionnelle en commençant par un diagnostic de la situation de l’entreprise.

Enfin, Prenons la Une demande quatre avancées concrètes :

  1. L’intégration de la parité dans les critères de déontologie du futur Conseil de presse.
  2. L’application concrète de « la juste représentation des femmes dans les médias » contrôlée par le CSA, par la présence de 50 % de femmes à l’antenne et sur les plateaux de télévision (et non 30 % comme prévoit la loi sur l’égalité entre les femmes et les hommes).
  3. Le conditionnement de l’attribution « des aides à la presse » au respect des lois sur l’égalité professionnelle.
  4. La création de modules de formation obligatoires dans les écoles de journalisme sur la lutte contre les stéréotypes et l’égalité professionnelle. Et l’insertion de modules sur ces thèmes dans les offres de formation continue.

Pour l’heure, la manifeste a déjà recueilli plus de 700 signatures de femmes journalistes.

Céline Oziel

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