Le rapport sur les stéréotypes remis à Najat Vallaud-Belkacem

© Luis Louro - Fotolia.com

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La Ministre des Droits des Femmes, Najat Vallaud-Belkacem, a fait de l’égalité entre hommes et femmes un axe important de son programme. Aujourd’hui, en France, le secteur privé compte 46 % de femmes mais, chez les cadres dirigeants et dans les conseils d’administration, on ne dénombre que 20 % de femmes ! De même, les femmes cadres dirigeantes sont payées 32 % de moins que les hommes (en équivalent-temps plein) et 82 % des temps partiels (souvent contraints) sont occupés par des femmes.

C’est dans ce contexte que Najat Vallaud-Belkacem a demandé au Commissariat général à la stratégie et à la prospective de travailler sur le sujet de stéréotypes entre les filles et les garçons, dans l’enfance et l’adolescence. La conclusion du rapport est sans appel :

« Les positions sociales des hommes et des femmes ne résultent pas uniquement de choix de vie individuels et rationnels mais aussi, et très profondément, d’habitudes, de clichés, de traditions, qui n’influencent pas seulement les goûts des individus mais aussi les institutions et les ressources qu’elles constituent pour chacun et chacune. »

Les enfants, une affaire de femmes

Selon l’étude, plusieurs statistiques viennent corroborer la thèse selon laquelle stéréotypes entre les filles et les garçons ralentissent l’évolution vers l’égalité hommes-femmes. Parmi les chiffres les plus frappants de ce rapport, on peut citer par exemple:

  • Dans les secteurs de l’accueil et de l’éducation des jeunes enfants, on compte environ 1,5 % d’hommes
  • Seuls 17 % des métiers (soit 16 % des emplois), sont mixtes, c’est à dire avec 40 à 60 % d’hommes ou de femmes
  • Après la classe de troisième, plus de 20 % des jeunes se retrouvent dans des filières comportant moins de 30 % d’élèves de l’autre sexe. Ce constat se vérifie surtout dans l’enseignement professionnel ou technologique
  • Les filles se retrouvent dans des filières moins valorisantes malgré leur meilleure réussite scolaire : Sur 10 filles jugées très bonnes en mathématiques, seules 6 vont en filière S, alors que 8 garçons « matheux » sur 10 optent pour la voie scientifique.

Devant la persistance de ces stéréotypes qui participent au maintient de l’inégalité dans la sphère professionnelle, le rapport invite les pouvoirs publics à intensifier leurs actions. Les auteurs de l’étude (Marie-Cécile Naves, Vanessa Wisnia-Weill) rappellent que les politiques volontaristes sont efficaces. La preuve avec les femmes ingénieures, dont le taux est passé de 3 % en 1982 à 34 % aujourd’hui. Cependant, note le rapport, ces politiques ciblées ne se sont pas diffusées dans le reste des filières scolaires, notamment dans l’enseignement professionnel. Et invite à aller plus loin et formule une série de recommandations en vue d’une action plus volontariste.

Pour consulter l’intégralité du rapport cliquez ici

Céline Oziel

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